Aller au contenu principal
01 DROIT PÉNAL

Droit pénal routier

Le droit pénal routier regroupe l'ensemble des infractions commises sur la voie publique pouvant entraîner des sanctions pénales lourdes : suspension ou annulation du permis, amendes, voire peines d'emprisonnement. Maître Soum défend les conducteurs poursuivis devant le tribunal correctionnel et les assiste dans la préservation de leur permis de conduire.

Les poursuites surviennent dans des contextes très divers : contrôle routier révélant un taux d'alcoolémie délictuel ou la présence de stupéfiants, accident corporel avec blessés, accident mortel de la circulation, grand excès de vitesse, refus d'obtempérer, délit de fuite. La récidive aggrave considérablement la situation pénale du conducteur.

Les sanctions encourues vont de la suspension administrative du permis de conduire à son annulation judiciaire, en passant par des amendes substantielles et l'inscription au casier judiciaire. En cas de récidive ou d'accident mortel, le tribunal peut prononcer des peines d'emprisonnement ferme. Pour les conducteurs professionnels, la perte du permis signifie la perte de l'emploi.

Le cabinet intervient sur des problématiques spécifiques au contentieux routier : contestation des résultats d'éthylotest ou de dépistage salivaire, demande de stage de récupération de points, aménagement de peine pour maintenir une activité professionnelle, négociation d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) pour éviter l'audience correctionnelle publique. Chaque dossier fait l'objet d'une analyse technique des conditions du contrôle et de la régularité de la procédure.

Questions fréquentes

Oui, et c'est même l'un des axes de défense les plus efficaces en droit pénal routier. Le dépistage de l'alcoolémie obéit à un cadre procédural strict. L'éthylomètre utilisé doit être homologué, vérifié annuellement par un organisme agréé et correctement calibré. En l'absence de certificat de vérification valide, le résultat du contrôle peut être contesté et la procédure annulée.

Au-delà de l'appareil lui-même, la procédure de contrôle doit respecter des règles précises : le conducteur doit bénéficier d'un délai de 30 minutes entre les deux souffles, le résultat retenu est le taux le plus faible des deux mesures, et la marge d'erreur technique de l'appareil doit être prise en compte. Tout manquement à ces obligations constitue un moyen de nullité exploitable par la défense.

Le conducteur a également le droit de demander une vérification par prise de sang. Si ce droit ne lui a pas été notifié ou si la prise de sang a été refusée, la procédure est entachée d'irrégularité. L'avocat vérifie systématiquement chaque étape du contrôle pour identifier les vices de procédure susceptibles d'entraîner la relaxe.

La conduite après usage de stupéfiants est un délit puni de 2 ans d'emprisonnement et 4 500 euros d'amende en première infraction. En cas de récidive légale, les peines sont doublées : 4 ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende. Le tribunal prononce systématiquement l'annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant une durée pouvant atteindre 3 ans.

La récidive aggrave considérablement la situation. Le véhicule peut être confisqué de plein droit, et le juge peut ordonner l'immobilisation du véhicule. Si le conducteur est contrôlé positif aux stupéfiants et à l'alcool simultanément, les peines sont portées à 3 ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende dès la première infraction, et doublées en récidive.

En pratique, la récidive en matière de stupéfiants au volant conduit très souvent à une peine d'emprisonnement ferme, notamment en comparution immédiate. La stratégie de défense doit alors s'orienter vers la contestation du dépistage salivaire (fiabilité, conditions de prélèvement), la discussion sur l'ancienneté de la consommation, ou la présentation de garanties de réinsertion pour obtenir un aménagement de peine.

La suspension est une mesure temporaire : le permis de conduire est retiré pour une durée déterminée, à l'issue de laquelle le conducteur récupère automatiquement son droit de conduire, sous réserve éventuellement d'un examen médical. La suspension peut être administrative (décidée par le préfet, dans un délai de 72 heures après l'infraction) ou judiciaire (prononcée par le tribunal, pour une durée pouvant aller jusqu'à 5 ans).

L'annulation est une mesure bien plus grave. Le permis est définitivement invalidé et le conducteur doit repasser l'intégralité des épreuves (code et conduite) après expiration du délai d'interdiction fixé par le tribunal. Ce délai varie de 6 mois à 3 ans, voire 10 ans en cas de récidive d'homicide ou de blessures involontaires. Durant ce délai, toute conduite constitue le délit de conduite malgré annulation du permis.

La distinction a des conséquences majeures pour les conducteurs professionnels. Une suspension de quelques mois peut être aménagée avec un permis blanc (autorisation de conduire pour l'activité professionnelle). L'annulation ne permet aucun aménagement de ce type : le conducteur perd totalement le droit de conduire pendant toute la durée de l'interdiction, ce qui peut entraîner la perte de son emploi.

La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) est une procédure négociée qui permet d'éviter le passage devant le tribunal correctionnel. Le procureur propose une peine au prévenu, qui peut l'accepter ou la refuser. Si la peine est acceptée, elle est homologuée par un juge et acquiert la même valeur qu'un jugement classique.

En matière routière, la CRPC est fréquemment proposée pour les infractions de gravité moyenne : conduite sous l'empire de l'alcool en première infraction, conduite sans permis, excès de vitesse supérieur à 50 km/h. Les peines proposées en CRPC sont généralement inférieures à celles prononcées en audience correctionnelle, car le parquet tient compte de la reconnaissance des faits et de l'économie de moyens judiciaires.

L'intervention de l'avocat est déterminante dans une CRPC. Il négocie en amont avec le procureur le quantum de la peine et les mesures complémentaires (durée de suspension du permis, obligation de stage, amende). Il conseille son client sur l'opportunité d'accepter ou de refuser la proposition. En cas de refus, l'affaire est renvoyée devant le tribunal correctionnel. Le prévenu ne perd rien à tenter la négociation.

Un accident de la circulation devient un délit dès lors qu'il cause des blessures entraînant une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 3 mois, ou lorsque le conducteur responsable a commis une infraction au Code de la route. Lorsque l'accident entraîne le décès de la victime, le conducteur est poursuivi pour homicide involontaire, délit puni de 5 ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende.

Les circonstances aggravantes multiplient les peines encourues. La conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, le dépassement de la vitesse maximale autorisée de plus de 50 km/h, le délit de fuite après l'accident, la conduite sans permis : chacune de ces circonstances porte les peines à 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. En cas de cumul de plusieurs circonstances aggravantes, les peines peuvent atteindre 10 ans d'emprisonnement.

En dessous du seuil de 3 mois d'ITT et en l'absence d'infraction au Code de la route, l'accident reste une contravention jugée par le tribunal de police. La frontière entre contravention et délit est donc cruciale : elle détermine la juridiction compétente, les peines encourues et les conséquences sur le casier judiciaire. L'avocat veille à ce que la qualification retenue corresponde strictement aux faits établis.